Entreprise et Marché

BVMAC: les finances vertes pour dynamiser le marché

L’envol du marché financier de l’Afrique centrale reste toujours attendu, quatre ans après la fusion ayant débouché à la création de l’unique Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Sa dynamisation était au centre de la problématique lors de la première édition du Forum International du Réseau de la Banque et de la Finance Durables les 8 et 9 mai 2023 à Douala sous l’égide de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), le Réseau de la Banque et de la Finance Durables (SBFN) et la Société Financière Internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque Mondiale.

Des avis s’accordent que la BVMAC peine à donner la pleine mesure de sa vitalité. Au-delà des atouts incommensurables rien ne semble bouger au point que même la décision de chefs d’Etat de la sous-région visant à amener des entreprises de la zone CEMAC à se coter en bourse ne porte pas encore les fruits escomptés. Une situation  qui rend le marché stagnant avec moins de vingt acteurs dans le compartiment des actions et des obligations. Un faible engouement qui se traduit par une capitalisation boursière d’environ 1200 milliards de FCFA (1,9 milliard de dollars), soit respectivement 67 milliards de FCFA (111 millions de dollars) pour le compartiment des actions et 1100 milliards de FCFA (1,8 milliard de dollars) pour celui des obligations.

Pour donner plus de vigueur au marché financier communautaire, « les émissions des obligations vertes peuvent ainsi être explorées pour la dynamisation la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC), qui malgré son potentiel indéniable, demeure peu attractive comparativement aux autres marchés financiers régionaux africains », a indiqué le gouverneur la BEAC, Abbas Mahamat Tolli. Autrement dit, « l’existence d’un marché des obligations vertes dans la CEMAC pourrait contribuer à surmonter les défis liés à la diversification de l’offre des produits et services financiers et à la mobilisation de l’épargne à long terme pour le financement des investissements verts ». La clarté apportée par l’unification du marché financier sous-régional pourrait attirer de nouveaux investisseurs intéressés par les actifs verts d’autant que les chefs d’Etat de la CEMAC ont recommandé en 2021, la conception et la mise en œuvre des politiques environnementales visant notamment la lutte contre le changement climatique et la dégradation de l’écosystème ainsi que la mobilisation des financements afférents.

« En attendant que les produits et services liés à la finance verte se développent dans la CEMAC, la BEAC participe à l’actionnariat de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) qui finance des projets et programmes verts notamment dans les secteurs de l’énergie, de la résilience climatique et de la gestion durable des forêts. Toujours dans cette même dynamique, la BEAC devrait procéder à un recalibrage de ses instruments d’intervention pour créer un cadre favorable et incitatif au développement de la finance verte dans la CEMAC », a-t-il précisé. 

Après la mise en place d’un cadre règlementaire y afférent, la BEAC qui est par ailleurs le Dépositaire central unique (DCU) de la BVMAC, et la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), le régulateur de la BVMAC, ont rejoint en 2022, le Réseau de la banque et de la finance durables de la SFI, consacrant leur engagement pour le développement responsable et durable du secteur financier de la sous-région.

                                               Avec Financial Afrik

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