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CEMAC : la BEAC sommée de convoquer une session extraordinaire de l’UMAC

Les relations tumultueuses entre le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et le gouvernement de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) ravivées par le différend intervenu dans le processus de recrutement des agents d’encadrement supérieurs de la Banque centrale sont loin d’être apaisées.

Le dernier rebondissement en date, c’est l’injonction faite au gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli par le ministre congolais des Finances et du Budget, Jean Baptiste Ondaye en sa qualité de président en exercice de l’UMAC pour la convocation d’une session extraordinaire du comité ministériel.  Dans une lettre adressée le 3 juin 2023 au gouverneur de la BEAC avec pour objet « convocation de la session extraordinaire du comité ministériel », le président de l’UMAC est sans équivoque.

« A cet effet, et en raison de l’urgence, je vous saurais gré des dispositions que vous voudriez prendre en vue de la convocation de cette session à la date du 7 juin 2023 à Yaoundé ». D’après l’initiateur de la lettre, cette démarche fait suite à l’audience à lui accordée le 1er juin dernier par le président centrafricain Faustin Archange Touadera, président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) « au sujet de la situation de blocage qui prévaut actuellement à la BEAC ». Autrement dit, cette concertation est nécessaire en ce sens qu’elle permettrait de « restaurer la cohésion, la sérénité et le fonctionnement normal de la Banque centrale pour l’intérêt général ».

Il en est notamment « de juger de l’opportunité de lever la mesure de suspension du processus de recrutement des agents d’encadrement supérieur de la BEAC prise lors de la session du 06 octobre 2022 », a-t-il précisé. Cette réaction de l’UMAC intervient alors qu’une décision du gouverneur de la BEAC publiée en fin mai dernier prévoit pour ce lundi 05 juin 2023, le début du stage desdits agents d’encadrement supérieurs. C’est dire que le bras de fer entre les deux parties se poursuit. Faut-il le préciser, le comité ministériel de l’UMAC estime que le recrutement en cours n’obéit pas aux règles d’équilibre, le gouverneur Abass Mahamat Tolli ayant été ouvertement accusé de favoritisme.  Pour sa part, le gouvernement de la BEAC dit poursuivre ce processus de recrutement parce que cette prérogative relève uniquement des compétences de la Banque centrale et que l’UMAC a outrepassé ses missions et compétences.

Pour le reste, ledit comité ministériel devrait donner des « orientations claires » sur les prochaines étapes de la mise en œuvre des résolutions de la dernière conférence des chefs d’Etat à savoir l’évolution de la coopération monétaire, les négociations avec des industries extractives ou encore la monnaie numérique de la Banque centrale.     

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