Economie et Finance

Cameroun : Hausse persistante et inquiétante de l’inflation

L’environnement économique au cours des trois premiers trimestres de l’année reste difficile pour les Camerounais, eux qui font face à une tendance haussière des principaux produits de consommation. A fin septembre 2023, le taux d’inflation a atteint en moyenne annuelle 7,8%, soit plus du double du taux toléré dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Dans son rapport, l’Institut national de la statistique (INS) renseigne que cette augmentation est principalement due à la hausse des prix des produits alimentaires et des transports, avec des taux d’inflation respectifs de 12,8% et 11,5%.

Selon toute vraisemblance, cette hausse généralisée des produits, notamment ceux produits localement est la conséquence de l’augmentation des prix du carburant intervenue en début d’année. Une hausse des hydrocarbures ayant a entrainé la hausse des coûts des transports, ce qui a négativement impacté toute la chaine, de la production à la consommation en passant par la distribution.

On se souvient à partir du 1et février 2023, le Gouvernement a procédé à un réajustement des prix de carburant, le litre de l’essence super à la pompe est passé de 630 FCFA à 730 FCFA, soit une variation à la hausse de 100 FCFA pour une augmentation en valeur absolue de 15,8%. Pour sa part, le litre de gasoil coûte désormais 720 FCFA contre 575 FCFA, soit une augmentation de 145 FCFA, ce qui correspond à un accroissement en valeur absolue de 25,6%, tandis que le litre du pétrole industriel revient à 590,19 FCFA enregistrant ainsi une hausse de 36,5%.

Dans son rapport, l’INS mentionne que cette « dynamique inflationniste » est le résultat d’une combinaison de facteurs à la fois nationaux et mondiaux. Ainsi, la hausse des prix des produits alimentaires peut s’expliquer principalement par l’augmentation des prix des légumes, des pains et céréales, des poissons et fruits de mer, des laits, fromages et œufs, des fruits, du sucre, confiture, miel, chocolat et confiserie ainsi que des huiles et graisses ».

L’on remarquera que la hausse des prix est plus marquée pour les produits locaux, soit une augmentation moyenne de 8,5% contre un accroissement de 6,0% pour les produits importés. « A l’échelle nationale, la réduction des subventions sur les prix des hydrocarbures, les perturbations climatiques et les défis sécuritaires notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont contribué à alimenter l’inflation », souligne le rapport.

Sur le plan international, l’inflation est principalement due aux tensions issues du conflit russo-ukrainien et aux résidus des impacts de la pandémie de COVID-19. Toutefois, l’inflation mondiale recule, les chaînes d’approvisionnement internationales se normalisent, les prix mondiaux des produits de base sont en baisse par rapport à 2022 et la plupart des banques centrales ont adopté une politique monétaire restrictive.

En prévision, et tenant compte des chocs auxquels le pays est confronté, le taux d’inflation à la fin de 2023 pourrait dépasser la prévision initiale et se situer autour de 7,3%. A en croire des analystes, avec les fêtes de fin d’année qui s’annoncent, tout laisse croire que l’inflation pourrait rester sur une tendance haussière, le risque étant que le seuil de 8% soit franchi au mois de décembre 2023.

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