Culture et Société

Habitat : Le Cameroun a un besoin de près de 2 millions d’unités de logements décents

Le logement décent constitue une réelle problématique sociale au Cameroun.  Que ce soit dans les zones urbaines ou rurales, la difficulté est réelle, même si de toute évidence, la situation est plus compliquée dans les villes avec la poussée démographique dont l’une des principales conséquences est l’accès au logement.

Les chiffres publiés par le Gouvernement renseignent que le besoin en logements décents au Cameroun est estimé à environ 1,8 million d’unités, tant en milieu urbain (80%) que rural. Avec un taux d’urbanisation autour de 60% en 2023, et devrait atteindre les 73 % à l’horizon 2050 selon l’Organisation des Nations unies (ONU), la situation devrait davantage se compliquer. En effet, le processus d’acquisition de lopins contient de nombreux manquements, car constitué d’un mélange d’incivisme de la population et un laisser-faire des autorités. Conséquence, chacun fait ce qu’il peut pour se procurer un espace, d’où l’occupation anarchique des terres très rependue dans les villes, puisque des zones impropres, voire interdites à l’habitation à l’instar des marécages, des flancs de montagnes et d’autres bas-fonds sont pris d’assaut à leur risque et péril.

Pour ceux qui est des terrains titrés, non seulement ils sont rares, mais le coût est généralement prohibitif. Dans les métropoles comme Douala et Yaoundé, rarement l’on pourra trouver le terrain à la portée des ménages modestes, y compris dans les banlieues, où il faut parfois débourser 25 000 CFA pour le m2. Dans les zones déjà habitées, l’on assiste généralement à des reventes, avec des prix exorbitants, puisque le m2 peut revenir à 40 000 FCFA, 50, 75, voire 100 000 FCFA. Par ailleurs, des terrains aménagés remontent quasiment à la préhistoire, toutes choses qui favorisent le désordre et le développement de l’habitat spontané. Par ailleurs, le financement de l’habitat social est pratiquement inexistant, chacun utilise des moyens en sa possession pour se procurer un logement.

En effet, des organismes intervenant dans le secteur de l’habitat ont du mal à jouer véritablement leurs rôles. Que ce soit la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (MAETUR) pour l’aménagement des terrains, la Société immobilière du Cameroun (SIC) pour la promotion du logement social ou le Crédit foncier du Cameroun (CFC) pour le financement des constructions de habitations, c’est un constat d’échec qui se dégage. Sans plan d’urbanisation, les municipalités ont largement échoué pour canaliser l’installation des habitants, laissant ainsi se développer et prospérer le désordre urbain. Un peu partout, des taudis dictent leur loi, y compris dans les quartiers administratifs et résidentiels.

Le Gouvernement qui annonce depuis des années la construction de plus de 100 000 logements sociaux à travers le pays par le biais de la SIC n’arrive pas à implémenter ce programme, tout comme le Crédit foncier dans son rôle de Banque de l’habitat n’arrive pas à jouer pleinement son rôle. L’on se demande à quoi auraient servi des crédits d’un montant total de 420 milliards de FCFA que le CFC revendiquait déjà en 2028 avoir octroyés à ses clients pour la construction de 85 000 logements construits et l’aménagement de plus de 16 000 parcelles constructibles.

In fine, se loger décemment constitue un réel casse-tête au Cameroun. L’inflation galopante qui cumule à 7,8% en 2023 n’est pas de nature à favoriser une situation déjà plus compliquée, d’autant que la satisfaction des besoins primaires comme manger, se soigner, aller à l’école…, est de plus en plus problématique du fait d’une pauvreté rampante et généralisée.    

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