Economie et Finance

Projet de Loi de finances : Le Gouvernement table sur un budget de 6740 milliards de FCFA en 2024

Le Gouvernement a déposé le 30 novembre 2023 sur la table des députés réunis en session ordinaire consacré à l’examen et à l’adoption du budget de la Nation, le projet de Loi de finances pour l’exercice 2024. Dans son exposé de motifs, le Gouvernement tient compte de l’environnement international et national.

En substance, l’on retient que le budget de l’Etat pour l’exercice 2024 s’équilibre en recettes et en emplois à la somme de 6740,1 milliards de FCFA contre 6726,9 milliards de FCFA en 2023, soit une augmentation de 13,2 milliards de FCFA en valeur absolue et 0,2% en valeur relative. Ce qui convient de noter, c’est que le budget général à 6679,2 milliards de FCFA en 2024, soit une augmentation de37,0 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation de 0,6% par rapport à 2023 où il se situait à 6642,5 milliards de FCFA. Pour sa part, le budget du Compte d’affectation spéciale (CAS) enregistre une baisse de 28,8 milliards de FCFA, soit une diminution de 28,2% se chiffrant à 60,6 milliards de FCFA contre 84,4 milliards de FCFA en 2023.

En parcourant le document, l’on se rend compte que les recettes internes et les dons sont évalués à 5190,0 milliards de FCFA en augmentation de 409,6 milliards de FCFA par rapport à l’ordonnance rectificative qui les avait établis à 4780,4 milliards de FCFA, soit une progression de 8,6% en valeur relative. A ce tableau, il convient de préciser que les recettes pétrolières enregistrent une régression de 32,3 milliards de FCFA, une diminution de 3,8% entre 2023 et 2024 du fait de la baisse du cours du baril sur le marché international.

Pour ce qui est des dépenses totales hors remboursement de la dette publique, elles sont évaluées à 4227,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 308,7 milliards de FCFA en valeur absolue et 6,3% en valeur relative. Le budget d’investissement public est de 1652,0 milliards de FCFA, représentant 31,6 milliards de FCFA des dépenses totales et 4,7% du PIB (Produit intérieur brut) contre 3,9% en 2023.

Du point de vue de son équilibre, le budget 2024 affiche un solde global déficitaire de 125,4 milliards de FCFA contre 226,3 milliards de FCFA soit une diminution de 100,9 milliards de FCFA. Par ailleurs, pour couvrir le besoin de financement, le Gouvernement entend recourir aux instruments financiers prévus dans la Loi. Il s’agit entre autres, des tirages spéciaux sur prêts-projets 907,2 milliards de FCFA, des émissions de titres publics 375 milliards de FCFA, des financements bancaires 139,4 milliards de FCFA, des appuis budgétaires 151,9 milliards de FCFA et le financement exceptionnel de la Banque islamique de développement (BID) à hauteur de 4,2 milliards de FCFA.

Pour ce qui est des innovations, la loi de finances 2024 annonce des nouvelles taxes notamment « l’institution de mesures fiscales, douanières et non fiscales nouvelles, la rationalisation de la parafiscalité dans certains organismes, la diminution des crédits destinés aux chapitres communs, couplée à la rationalisation des dépenses de fonctionnement des administrations ».

Conformément à la précédente loi des finances, la priorité en 2024 sera accordée entre autres, à la mise en œuvre des projets de première génération, la poursuite des actions de sécurisation, la reconstruction des zones en crise, l’accompagnement de la décentralisation, l’apurement de la dette, la réforme des finances publiques « toutes choses devant renforcer la dynamique économique et le caractère inclusif de la croissance ».

In fine, le Gouvernement affirme qu’en dépit d’un environnement international difficile adossé aux contingences endogènes, les perspectives économiques resteraient positives, le taux de croissance projeté en 2024 étant de 4,5% contre 3,9% en 2023, grâce notamment au dynamisme du secteur primaire et celui des services. L’inflation s’établirait à 4% contre 6,7% en 2023, mais toujours supérieure au seuil de convergence en zone CEMAC qui est de 3%.

Pour la majorité des Camerounais, l’optimisme du Gouvernement tranche avec les réalités quotidiennes avec une inflation galopante qui menace d’asphyxier des ménages.

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