Economie et Finance

Pénurie du carburant : Le calvaire persiste

Le chaos a été évité de justesse ces trois derniers jours à cause de la pénurie du carburant. Que ce soit l’essence super ou le gasoil, les automobilistes sont logés à la même enseigne. Une pénurie qui a touché la plupart des régions du pays, notamment Yaoundé la capitale et Douala la métropole économique où les pompes étaient pratiquement à sec. Malgré des assurances du Gouvernement à travers un communiqué du Ministre de l’Eau et de l’Energie annonçant un retour à la normale pour le 12 décembre 2023, les réalités du terrain montrent le contraire, la situation ayant même empiré.   

Le rationnement des stations-services qui a commencé en début de semaine est loin d’avoir normalisé la situation. Pour faire face aux difficultés, « nous avons reçu des instructions de rationner la consommation. Ainsi, nous ne pouvons vendre plus 5000 FCFA à une seule personne », a indiqué un pompiste d’une station-service située en plein cœur du quartier des affaires Akwa, Douala. Un peu partout à travers la ville, le scenario est le même. Lorsque les automobilistes se rendent compte qu’on est en train de procéder à la livraison du carburant, ces derniers prennent l’assaut les stations-services, créant de longs rangs et d’énormes embouteillage aux alentours.

Pour essayer de satisfaire une demande largement au-dessus de l’offre, « nous ne pouvons vendre plus de 5 litres de carburant à une seule personne. Cette quantité permet au moins d’éviter la panne sèche et de pouvoir se déplacer », explique-t-on au quartier Ndokoti à Douala dans les 3è et 5 è arrondissements. Autre lieu, même situation, au quartier Bonaberi dans le 4è arrondissement, le rationnement est de rigueur. Dans ce sillage, « pour les véhicules, quelle que soit sa puissance ou son gabarit, c’est 5000 FCFA de carburant pas plus. Pour les motos, c’est 1500 FCFA », affirme-t-on.

Comme il fallait s’attendre, la pénurie du carburant a fait naître des pratiques de corruption. D’après des témoignages, « certains vendeurs en complicité avec les forces de l’ordre rançonnent les usagers. Un policier m’a demandé de lui donner d’abord 1000 FCFA pour qu’on me serve », a confié un chauffeur de taxi. Dans cette ambiance de capharnaüm, les automobilistes ont de manière unilatéral opté pour la hausse des prix des transports, le prix normal de taxi étant passé de 300 FCFA à 500 FCFA en moyenne, tandis que les conducteurs motos excellent dans la surenchère, ces derniers ne s’empêchant pas de doubler voire, de tripler les coûts des transports. D’après des informations, « pour partir de Deido à Bonamoussadi, les motomen vous demandent de payer entre 800 FCFA et 1000 FCFA avec bâchage, là où avec 500 FCFA en temps normal, ces derniers se disputent souvent les clients », affirme-t-on çà et là.

Pour mieux comprendre cette situation, le Gouvernement évoque un retard dans l’importation du carburant pour des raisons météorologiques, les bateaux ayant accusé plus de trois jours de retard pour accoster au port de Douala. L’arrivée des premiers bateaux a donné lieu à l’approvisionnement progressif du marché, en attendant des cargaisons supplémentaires qui devraient arriver au courant de la semaine.

Selon des informations, la « lourde ardoise » de l’Etat due aux marqueteurs, en l’occurrence, Total, Tradex et Ola Energy aurait amené ces derniers à « geler » des importations du carburant, d’où la pénurie actuelle. Par ailleurs, depuis l’incendie de la Société nationale de raffinage (SONARA) en 2019, la quantité de carburant destinée à la consommation nationale est en régression. Une combinaison de facteurs défavorables qui perturbent le marché, les autorités ayant certainement dans ce cas précis manqué d’anticiper dans un contexte socioéconomique où les fêtes de fin d’année constituent généralement une période de grande consommation.  

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