Economie et Finance

Carburant : Paul Biya annonce une hausse prochaine des prix à la pompe

Après le réajustement à la hausse des prix des carburants intervenu l’année dernière, le Gouvernement s’apprête une fois de plus de procéder à une nouvelle augmentation. En écoutant le chef de l’Etat dans son message à la Nation à l’occasion de la fin d’année 2023 et du nouvel An 2024, tout laisse croire que la récente actualité autour de la pénurie du carburant annonce une conjoncture plus difficile avec une hausse des prix du carburant quasi inévitable courant premier trimestre 2024.

« Les difficultés du secteur sont toutefois plus larges et plus complexes(…). Vous devez savoir que dans le but de maintenir les prix à la pompe à leur niveau actuel, qui est largement inférieur à celui pratiqué dans les pays voisins, l’Etat doit, au prix d’importants efforts financiers, fortement subventionner les importations de produits pétroliers. Le poids de ces subventions pèse lourdement sur notre budget et rétrécit considérablement les ressources, dont nous avons le plus grand besoin, pour apporter des réponses aux autres problèmes auxquels nos populations sont confrontées », a déclaré Paul Biya.

Il n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que « l’année dernière, le Gouvernement a été amené à procéder à un léger relèvement des prix des carburants à la pompe ». Une déclaration qui est loin d’être seulement un fait évocateur si tant que des informations persistantes entrevoient une hausse des prix du carburant d’ici quelques semaines.   Le seul fait pour le Président de la République de se « féliciter » que « grâce à cette mesure, la subvention des produits pétroliers, qui était de plus de 1000 milliards de Francs CFA en 2022, a été réduite à environ 640 milliards de Francs CFA en 2023 » est un indicateur fiable de ce qui devrait bientôt se produire surtout que « cependant, cette subvention continue de peser significativement sur le Trésor Public », a-t-il insisté.

Autrement dit, « nous n’aurons très certainement pas d’autre choix, que de la réduire de nouveau. Nous veillerons néanmoins à ce que les ajustements nécessaires n’impactent pas substantiellement le pouvoir d’achat des ménages ». A terme, la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (SONARA), « dont j’ai prescrit l’accélération, devrait contribuer à améliorer la situation dans le secteur ». Sauf qu’à date, personne ne sait jusqu’à quand sera effective cette réhabilitation, des signaux étant plus alarmants que rassurants.

Entre temps, le Fonds monétaire international (FMI) qui a « remis » l’économie camerounaise sous Programme d’ajustement structurel (PAS) continue d’exercer la pression sur le Gouvernement pour qu’il se désengage totalement de subventionner les carburants dans l’optique explique-t-il, de la mise en œuvre du programme des réformes économiques et financières, dont les citoyens attendent toujours des retombées significatives allant dans le sens de l’amélioration de leurs conditions de vie.

On se souvient que le 1er février 2023, le Gouvernement a procédé à un réajustement des prix de carburant, le litre de l’essence super à la pompe est passé de 630 FCFA à 730 FCFA, soit une variation à la hausse de 100 FCFA pour une augmentation en valeur absolue de 15,8%. Pour sa part, le litre de gasoil coûte désormais 720 FCFA contre 575 FCFA, soit une augmentation de 145 FCFA, ce qui correspond à un accroissement en valeur absolue de 25,6%, tandis que le litre du pétrole industriel revient à 590,19 FCFA enregistrant ainsi une hausse de 36,5%.

D’après des informations, l’on pourrait enregistrer le même réajustement, c’est-à-dire 100 FCFA aussi bien pour l’essence super que le gasoil, le pétrole industriel gardant également la même courbe évolutive que lors de la dernière hausse. Certaines sources vont jusqu’à prévoir une hausse de 200 FCFA du litre d’essence et de gasoil. Dans l’un ou l’autre cas, la hausse attendue présage des lendemains plus difficiles pour les Camerounais dont la ceinture déjà trop serrée avec un taux d’inflation autour de 6,7 %, soit le double du seuil toléré en zone CEMAC finirait – totalement- par les asphyxier.

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