Banques

CEMAC : Près de 2000 milliards de FCFA de créances en souffrance

Les agents économiques des pays de la CEMAC ont des difficultés pour accéder aux financements bancaires pour développer leurs acticités. Pourtant, cet argent tant recherché par les unités de production, en l’occurrence, les Petites et moyennes entreprises (PME) « dort paisiblement » dans les coffres forts des banques et autres établissements financiers.

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) dans la revue de stabilité financière des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) publiée le 08 janvier 2024 révèle que l’encours des créances en souffrance a atteint 1 917,9 milliards FCFA au 31 décembre 2022, soit 18,3 % des crédits bruts. En l’espace de dix ans, ces créances qui étaient de 495 milliards de FCFA représentant 9% de crédits bruts ont quadruplé. Cette situation décrit la Banque centrale s’explique par le ralentissement de la distribution des crédits, consécutive aux effets de la crise sanitaire, au provisionnement rigoureux et aux paiements effectués par certains pays.

Toutefois, la dégradation importante de la qualité du portefeuille de crédits des banques entre 2012 et 2022 est le reflet des facteurs conjoncturels et structurels. « Sur le plan conjoncturel, l’augmentation des créances en souffrance a résulté de la fragilisation des équilibres budgétaires des Etats, dans un contexte de chute du cours du pétrole intervenu à la mi-2014. La baisse de l’activité économique qui s’en est suivie a induit une accumulation des arriérés de paiement par les États, dégradant ainsi les critères de convergence dans le cadre de la surveillance multilatérale et, de ce fait, les pondérations applicables aux risques souverains dans la sous-région ». Poursuivant son analyse, la BEAC relève que « sous l’angle structurel, l’augmentation du niveau des créances en souffrance est liée aux insuffisances des dispositifs de gouvernance et de gestion des risques, les assujettis déployant davantage d’efforts sur les aspects commerciaux au détriment d’une analyse rigoureuse du risque de crédit ».

Par ailleurs, l’évolution des composantes des créances en souffrance a révélé un recul des créances douteuses de 2,0 %, passant de 1 288,5 milliards FCFA en décembre 2021 à 1 263,1 milliards FCFA en décembre 2022. Les créances immobilisées ont également diminué sur la même période de 7,7 % à 489,7 milliards FCFA, en rapport avec les efforts consentis par deux États pour apurer leur stock de dette intérieure.

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