Banques

BEAC : Abbas Tolli s’en va, Sana Bangui en poste

Nommé le 9 février dernier par la Conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui a pris ses fonctions le 16 février 2024 en présence du Directeur général du contrôle général (DGCG). Cet acte administratif lui permet de diriger le gouvernement de la Banque centrale désormais au complet, en attendant probablement l’installation officielle par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC).

Cette prise de fonction intervient après une passe d’arme épistolaire interne au sein de l’Institut d’émission monétaire de l’Afrique centrale. Il nous souvient que dans une correspondance datée du 06 février 2024 adressée aux membres du gouvernement de la BEAC, le Directeur général du contrôle général (DGCG), Blaise Eugène Nsom (gauche), s’appuyant sur ses « prérogatives » en tant que « garant du strict respect des textes auxquels la banque est assujettie, et ce, par toutes les parties prenantes », rappelait sans autre forme de procès, l’« arrêt des activités de monsieur le gouverneur », non sans préciser les conditions de « nomination, la durée précise et les aspects relatifs à la gestion de la vacance du poste du gouverneur de la BEAC ».

Une sortie qui a provoqué les réactions musclées du gouverneur sortant Abbas Mahamat Tolli (droite)pour qui, « la procédure de passation des charges est clairement établie et sera assurée par le président du comité ministériel de l’UMAC » dont par conséquent, « il n’appartient donc pas au DGCG de créer ses propres normes au sein de la banque centrale ». Le vice-gouverneur, Michel Dzombala qui s’était également aligné contre le DGCG avait alors précisé qu’« en conséquence, les dispositions de votre lettre n° 052/DGCG/2024 du 06 février 2024 sont nulle et sans effet». Heureusement, la réaction rapide des chefs d’Etat portant nomination d’un nouveau gouverneur a permis à la BEAC d’éviter une crise interne profonde dont nul ne pouvait prédire les conséquences.

Faut-il le rappeler, conformément au principe de rotation de postes en vigueur depuis 2010 dans les institutions de la CEMAC, le poste de gouverneur de la BEAC revenait à la Centrafrique. C’est dire qu’il revient désormais à Yvon Sana Bangui, un cadre maison de 49 ans ayant passé les deux dernières décennies au sein de la Banque centrale de diriger le gouvernement de l’Institut d’émission monétaire de l’Afrique centrale, lui qui occupait depuis 2021, les fonctions de Directeur central de la comptabilité, du budget et du contrôle de gestion de la BEAC. Des responsabilités qui lui ont permis entre autres d’être le rapporteur de la Commission budgétaire générale (CBG) et principal interlocuteur des deux organes de contrôle, à savoir, le Comité d’audit et le collège des Censeurs.  

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