Entreprise et Marché

Message du Chef de l’Etat à la jeunesse : La difficile équation de l’emploi et de l’émigration

L’un des problèmes auxquels le Cameroun est confronté depuis une trentaine d’années est certainement celui de l’emploi. La conjoncture économique difficile aussi bien à l’échelle internationale que nationale est à l’origine du chômage grandissant et du sous-emploi. Certes, des chiffres ne concordent pas, mais toutes études concordent sur le fait que l’insertion professionnelle constitue une gageure pour la jeunesse camerounaise. Que le taux de chômage soit à plus de 50% de la population comme l’indiquent certains ONG, où qu’il tourne autour de 20% comme tente de minimiser le Gouvernement, la réalité est là, implacable.

Une situation qui a amené des observateurs à pointer un doigt accusateur au système éducatif dans son ensemble, « inadapté » à l’évolution technologique. En grande partie, le système éducatif continue d’être un agrégat de théorie, où même arrivé à l’université, des jeunes diplômés ne répondent pas pour l’essentiel aux profils des entreprises. S’il est vrai que ces dernières ne sauraient absorber tous les chercheurs d’emplois, le contexte actuel milite amplement pour une restructuration profonde de l’école. 

Pourtant, « le secteur de l’éducation représente, depuis des années, la plus grande part du budget de l’Etat. C’est dire l’importance que les pouvoirs publics attachent à votre éducation. Au fil des années, et à tous les niveaux de notre système éducatif, de nouvelles infrastructures sont construites, de nouveaux enseignants formés et déployés. Les programmes sont régulièrement révisés, afin d’aller toujours plus loin dans la professionnalisation des enseignements. Notre objectif étant en effet, de parvenir à une meilleure adéquation formation-emploi. J’ai instruit le Gouvernement à cet égard, de mettre en place un mécanisme compétitif de développement des compétences » faisait observer le chef de l’Etat Paul Biya le 10 février 2024 dans son message à l’occasion de la 58ème édition de la Fête de la Jeunesse.

Les Pouvoirs publics essaient d’apporter une réponse en mettant un accent sur la formation pratique qui permettrait à de nombreux jeunes de s’auto-employer. La réduction des frais de scolarité dans les Centres de Formation Professionnelle d’Excellence de 500 mille FCFA à 50 mille FCFA s’inscrit dans l’optique de permettre au plus grand nombre de jeunes d’accéder à une formation de qualité.

Selon le Président de la République, « en plus du recrutement chaque année d’un nombre significatif de jeunes dans la Fonction publique, l’Etat multiplie les initiatives visant à stimuler la création d’emplois dans le secteur privé et à encourager l’auto-emploi. Je ne le dirai jamais assez. L’auto-emploi constitue l’une des meilleures voies d’insertion socioprofessionnelle, face à l’impossibilité pour l’Etat et le secteur privé, d’absorber le volume, sans cesse croissant, de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi », a-t-il précisé.

L’une des matérialisations de cette politique est la mise sur pied du Plan Triennal Spécial Jeunes, lancé en 2016, qui a déjà permis de « financer des milliers de projets en faveur des jeunes. Dans la même lancée, le Programme de Promotion de l’Entreprenariat a contribué à la création de plus de 12 mille nouvelles entreprises en 2023. Celles-ci ont généré près de 22 mille emplois directs ».

Des initiatives certes louables mais qui ne sauraient résoudre le problème du chômage et du sous-emploi, et le Chef de l’Etat en est « bien conscient », qu’ils « demeurent insuffisants par rapport au nombre de jeunes qui sont en quête d’emploi ». Aussi, invite-t-il les jeunes à « saisir les opportunités qu’offre la mise en œuvre du Plan Triennal Intégré d’Import-Substitution 2024-2026, pour vous engager dans des activités de production. Elles vous permettront, non seulement de vous rendre utiles à votre pays, mais aussi de trouver les moyens de subvenir à vos besoins ».

Un contexte difficile qui pousse plusieurs jeunes à prendre le chemin de l’exil où ils espèrent un meilleur horizon, ce que déplore le Président de la République qui en appelle à leur sens de responsabilité et de patriotisme d’autant que cette « jeunesse constitue le fer de lance de la Nation ».

Autrement dit, il faut croire en l’avenir du Cameroun, car malgré les difficultés, les potentialités sont réelles, ce qui devrait amener les jeunes à s’investir pour atteindre des objectifs escomptés. « La volonté croissante d’une frange de notre jeunesse, d’émigrer vers d’autres cieux, est de plus en plus préoccupante. Surtout lorsqu’elle tourne à l’obsession et concerne même des personnes qui ont réussi localement leur insertion sociale. Certes, notre pays, comme bien d’autres dans le monde, connaît une conjoncture difficile. Cependant, la solution n’est pas toujours de s’en aller. Partir, oui, mais pas à n’importe quel prix. De plus, sachez que pendant que vous aspirez à partir, de nombreux étrangers essaient de s’installer au Cameroun, confirmant en cela qu’il s’agit d’une terre accueillante et d’un pays d’opportunités. En le disant, je ne perds pas de vue les aspirations légitimes qui sont les vôtres. Ni les inquiétudes qui sont celles de tous les jeunes de votre génération, où qu’ils soient ».

Il n’a pas manqué de gratifier des conseils aux jeunes, d’autant que « mon devoir de vous rappeler, année après année, de faire attention aux mirages et aux dangers de l’émigration à tout prix. Ne perdez surtout pas de vue, mes chers jeunes compatriotes, que vous êtes le présent et l’avenir du Cameroun ».

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