Entreprise et Marché

Indications géographiques : L’Afrique appelée à mutualiser ses efforts pour valoriser ses produits

Dans un monde en pleine mutation marquée par une rude concurrence internationale, la mutualisation des efforts se présente comme une alternative, mieux, un facteur incontournable pour le continent africain dans l’optique d’une utilisation efficace des produits labélisés sur les indications géographiques (IG). C’est l’une des principales recommandations au terme du colloque international du 17 au 19 avril 2024 à Douala portant sur « Les indications géographiques en Afrique : état des lieux et perspectives de développement ».

Face à « une rude concurrence internationale », les restaurateurs africains ont été invités à mutualiser les recettes découlant d’une indication géographique pour mieux fructifier leurs activités. D’après les participants, cette rencontre poursuivait principalement trois objectifs. D’abord, servir de vitrine pour la promotion des produits labellisés « IG » à l’OAPI et sur le continent africain ; ensuite, amener des chercheurs, experts et autres acteurs à conduire la réflexion visant une dynamisation économique des IG en Afrique ; enfin, permettre des échanges sur la pratique de la protection et la gestion des IG, la commercialisation des produits concernés en mettant en exergue les perspectives de développement économique et politique en Afrique.

« Ce colloque vient à point nommé, au moment où les Etats membres de l’OAPI se sont résolument engagés à la revalorisation des produits du terroir par les indications géographiques », a indiqué le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, par ailleurs administrateur pays de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). « Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, il est difficile pour chaque pays africain de promouvoir sa cuisine au niveau international et d’en tirer profit. Il serait beaucoup plus rentable de mutualiser nos produits labélisés et de proposer des menus dans les restaurants afin d’engranger davantage de recettes ».

Parce que ces produits labélisés apportent une valeur ajoutée pour les producteurs, les restaurateurs et les États, il est souhaitable pour les pays africains d’organiser des dîners thématiques autour de ces produits dans les capitales européennes (Paris, Londres, Bruxelles) pour les valoriser.

Ainsi, plus de 25 indications géographiques provenant de divers pays africains ont été mises en avant lors du dîner thématique organisé par le projet droit de propriété intellectuelle et innovation en Afrique (AFRIPI), financé par l’Union européenne (UE).

Notons que l’indication géographique précise la zone de production et certifie les qualités spécifiques des produits originaires de ce lieu permet d’améliorer la transparence pour le consommateur sur l’origine et le mode de fabrication des produits, et valorise le savoir-faire des produits locaux. Dans ce sillage, après sa labélisation IG par l’OAPI en 2013, le poivre de Penja, a vu sa valeur marchande exploser, le kilogramme passant de 3 000 FCFA en 2008 à 20 000 FCFA en 2022 sur le marché local.

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