Economie et Finance

FMI/BM : Le plaidoyer des pays de la CEMAC

Les Ministres des Finances et les premiers responsables des institutions de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) participent depuis quelques jours à Washington, aux Etats-Unis, aux réunions du printemps de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI).

La rencontre entre la délégation de la CEMAC et les institutions de Bretton Woods a été l’occasion pour les responsables de la CEMAC, de lancer un plaidoyer pour l’assouplissement des politiques monétaires et financières en vue de faire face à un environnement économique international difficile. Une conjoncture exogène qui impacte considérablement sur les économies de la sous-région, avec entre autres, la dépréciation des cours des matières premières sur le marché mondial, sans oublier que ces pays sont eux-mêmes sont confrontés aux difficultés endogènes liées globalement aux problèmes de gouvernance.  

Une situation qui pourrait entraîner des bouleversements systémiques, mettant en cause les politiques macro-économiques alors que les économies des pays de la CEMAC sont pratiquement sous Programme d’ajustement structurel (PAS) de Brettons Wood. Faisant le point de cette rencontre, le Ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze s’est voulu clair : « Le directeur Afrique est revenu sur un point important à savoir que nous avons fait beaucoup d’efforts, mais ces efforts devraient être poursuivis sinon nous risquerions de retomber dans les difficultés que nous avons connues dans les années 2014-2015 et qui ont failli amener les Etats à dévaluer le franc CFA. Heureusement, les chefs d’Etat de la CEMAC, sur invitation du président Paul Biya du Cameroun, avaient pris des mesures fortes qui ont été appliquées et ont permis que cette menace qui pesait sur nos Etats s’éloigne. Mais, il ne faut pas baisser les bras parce qu’en matière de règlementation des changes, en ce qui concerne les orientations qui avaient été données pour la divers », a-t-il précisé.

En effet, les pays de la CEMAC, (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) ont subi une série de chocs de grande envergure : une forte baisse des prix du pétrole, des conflits civils dans certains pays, des flux de réfugiés et des sécheresses. La croissance économique est au plus bas depuis 20 ans tandis que les réserves de change régionaux ont baissé rapidement et ne couvrent que deux mois d’importations.

« Nous avons donc assisté à certaines réunions. D’abord avec nos partenaires du département des finances publiques du Fmi, parce que nous avons un certain nombre de points sur lesquels nous sollicitons leur assistance technique, notamment en ce qui concerne les impôts, la douane. Nous avons ensuite rencontré le directeur Afrique du Fmi au cours d’une réunion avec la CEMAC (président de la Commission, gouverneur de la BEAC, président de la BDEAC, la COSUMAF et tous les ministres des Etats de la CEMAC) », a ajouté le Ministre des Finances.

Reconnaissant l’urgence de la situation, les Chefs d’État se sont réunis en décembre 2016 à Yaoundé et ont décidé de rétablir les conditions nécessaires pour assurer la stabilité macroéconomique et la croissance au moyen d’efforts concertés. Ils ont aussi sollicité l’aide du FMI, et sont convenus que chaque pays n’appliquant pas déjà un programme appuyé par le FMI solliciterait d’urgence l’aide du FMI à leur ajustement.

La signature de ces accords a amené les pays de la CEMAC à solliciter individuellement l’appui financier du FMI dans la mise en œuvre des programmes de réformes économiques et financières à travers la Facilitation élargie de crédit (FEC) et le Mécanisme élargi de crédit (MECD). 

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