Economie et Finance

Secteur financier : Lancement d’une nouvelle stratégie pour booster la croissance

La nouvelle stratégie devrait déboucher sur une hausse de 2,3% de croissance annuelle et générer plus de 105 milliards de FCFA dans les caisses de l’Etat.

Le Cameroun a procédé le 31 mai 2024 au lancement de sa Stratégie nationale de développement du secteur financier (SNDSF) dans la perspective d’accroître les recettes budgétaires et d’améliorer sa croissance. La vision de cet instrument de gouvernance a indiqué le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze est de faire du Cameroun à l’horizon 2030, « un pays disposant d’une place financière capable de soutenir la transformation structurelle de son économie ».

L’étude menée par le Comité national économique et financier du Cameroun (CNEF), organisme consultatif en matière bancaire, monétaire et financière, renseigne que l’implémentation de cette stratégie pendant la période de référence devrait permettre à l’Etat d’engranger 105 milliards de FCFA de recettes additionnelles par an, soit 630 milliards de FCFA entre 2025 et 2030. De même, la mise en œuvre de la SNDSF entrainera un gain de 2,3 points de croissance du Produit intérieur brut (PIB).

Selon le Ministère des Finances (MINFI), « l’objectif général de la SNDSF est d’améliorer la contribution du secteur financier à la croissance économique, au relèvement de nouveau de vie des populations et à la promotion du développement de l’entrepreneuriat au Cameroun ». Dans cette perspective, « la SNDSF peut être considérée comme le game-changer du Gouvernement camerounais en matière de croissance économique » d’autant qu’elle se rapprocherait « de la trajectoire de l’émergence contenue dans la Stratégie nationale de développement 2023 (SDN30).  

Toutefois, l’atteinte de cet objectif est adossée sur six axes stratégiques : renforcer la confiance, la stabilité et la résilience financière dans les institutions financières ; Mieux exploiter les infrastructures en accélérant le déploiement des plateformes financières ; Améliorer le cadre réglementaire et libérer la concurrence dans les SFN et autres services financiers innovants ; Améliorer l’inclusion financière et l’accès aux financements des MPME ; Renforcer les institutions publiques de financement pour rendre l’intervention publique plus efficiente et soutenir le financement à long terme, vert et durable de l’économie.  

Avec un taux de croissance du PIB projeté à 4,3% en 2024, si le Cameroun peut enregistrer un taux de croissance additionnelle de 2,3% par an, l’on devrait se rapprocher de la moyenne annuelle de 10% au cours des six prochaines. Un « croissance à deux chiffres » qui pourrait se révéler déterminante pour l’émergence projetée à l’horizon 2035. D’après ses initiateurs, la SNDSF résulte d’un certain nombre de constats qui entravent un développement optimal indépendamment des potentialités. Ils sont au nombre de six : Le secteur financier manque de profondeur ; L’inclusion financière et l’accès au financement des micros, petites et moyennes entreprises (MPMC) est faible ; Le financement à long terme est faible ; Il existe un déficit dans certains domaines de réglementation et de mise en œuvre de la réglementation existante ; Les institutions publiques de financement sont globalement inefficaces ; L’innovation financière est faible.  

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