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Indice mondial de performance des ports : Valse de contestations des ports en Afrique

La publication le 4 juin 2024 par la Banque mondiale (BM) en collaboration avec la Standard & Poor’s Global Market Intelligence de l’Indice mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI) 2023 continue de susciter une valse de contestations dans la plupart des plateformes portuaires africaines. Une levée de boucliers qui laisse transparaître la légèreté, mieux le manque de sérieux et de rigueur ayant entouré ce classement. La méthodologie utilisée pour dresser l’archétype de performance, essentiellement le temps d’escale des navires à quai, notamment la durée écoulée entre l’arrivée en rade et le départ du poste d’amarrage après déchargement ou chargement est non seulement limitatif, parcellaire, partielle et partiale, mais surtout enveloppé par une volonté manifeste de manipulations pour des intérêts inavoués. Conséquence, c’est un classement plein d’incongruités et qui à la limite, est de nature à enlever toute la considération et toute la crédibilité naguère accordée, indépendamment du fait qu’il porte l’estampille de la Banque mondiale.

Au Cameroun, les réactions n’ont pas tardé, que ce soit le Port Autonome de Douala (PAD) ou le Port Autonome de Kribi (PAK) classés de manière hasardeuse parmi les ports les moins performantes en Afrique, y compris au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), « chose incroyable », selon des experts et analystes qui s’alignent de manière objective sur la position de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC), car ici ou ailleurs, on récuse clairement les méthodes de collecte de données, les critères de performance et la partialité manifeste des « évaluateurs » pour favoriser certains ports au détriment d’autres.

Outre le fait que la Banque mondiale a décidé de procéder de manière unilatérale, il convient de dénoncer la méthodologie basée essentiellement sur des données empiriques puisqu’il n’y a pas eu un travail d’enquête ayant permis de toucher les réalités du terrain. Autrement dit, le travail de « salon » réalisé par la Banque mondiale (BM) en collaboration avec la Standard & Poor’s Global Market Intelligence manque de rigueur et remet au goût du jour l’opportunité d’untel classement.

A Djibouti, le Port à conteneurs de Djibouti serait passé de la 26e position mondiale en 2022 à la 379e en 2023. Une chute « incompréhensible » qui a amené le gouvernement dans un communiqué, à « rejeter avec force ce rapport aux conclusions absurdes, qui porte un tort totalement injustifié́ au pays et à ses installations ». ledit port est « reclassé dans la région West, central and South Asia qui couvre une zone allant de l’Arabie Saoudite au Bangladesh », insiste le gouvernement.

Toujours au chapitre des incongruités, le port de Mogadiscio en Somalie se positionne au 4e rang continental, ce qui ne manque de désaxer les professionnels du secteur pour qui ce n’est ni plus, ni moins qu’une « hérésie ». Ainsi Berbera en Somalie est mieux classé que Shanghai ou Valence, Ghazaouet, petit port algérien devancerait ainsi Alger, Casablanca, ou Abidjan, ce qui donne le sentiment qu’il s’agit « du n’importe quoi ». Dans cet ordre d’idées, l’opérateur sud-africain, Transmet dénonce des « erreurs d’un rapport politiques », des exemples qui démontrent que « la Banque mondiale et ses alliés se sont fourvoyés » estime-t-on dans certains milieux portuaires en Afrique et à travers le monde.

Selon des sources, le classement CPPI 2023 pourrait avoir des implications pour les ports africains et leurs économies en ce sens qu’il peut influencer directement ou indirectement les investisseurs, la compétitivité du commerce international. En effet, les ports mal classés pourraient perdre des parts de marché au profit de concurrents mieux classés, aussi à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent.

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